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La Chaux-de-Fonds 1904 – campagne Ulule

Un grand moment pour moi, la campagne Ulule pour La Chaux-de-Fonds 1904 a été lancé.

Parlez en autour de vous !!! Cliquez sur l’image.

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Le Soutien à une activité indépendante (SAI)

Depuis que j’ai annoncé mon intention de professionnaliser mon activité dans le jeu de rôle, j’ai déjà présenté certains de mes projets et la démarche qu’ils sous-tendent. Tel est le cas de La Chaux-de-Fonds 1904.

Par contre, je n’ai pas encore eu l’occasion de parler de la structure qui portera mon activité professionnelle et, surtout, comment je compte la mettre en place. Pour vivre d’une activité indépendante, il ne suffit pas d’avoir de belles idées et de travailler dur pour y parvenir. Il faut organiser son travail, se fixer des objectifs et gérer « la boite » (communication, fiscalité, facturation, etc.). Ce boulot est loin d’être négligeable. J’ai pu m’en rendre compte en lisant le petit ouvrage « Devenir indépendant » qui explique passablement de généralités auxquelles on ne pense pas forcément. C’est un petit livre vulgarisateur qui s’intéresse tout particulièrement à la situation suisse. C’est un livre électronique que j’ai apprécié et qui est idéal pour une toute première approche de l’indépendance en Suisse.

Petit ouvrage électronique « Devenir indépendant » de Thierry Feller

Depuis le 19 août, j’ai démarré le programme de « Soutien à une activité indépendante » (SAI) dans le cadre de l’assurance chômage. L’application de cette directive de la loi sur l’assurance chômage (Laci) est déléguée aux cantons et je vous invite, si vous souhaitez en savoir plus, à prendre connaissance sur les spécificités cantonales sur les différents sites de l’ORP. (J’ai entendu dire qu’il existait des opportunités comparables en France également). Je vais me contenter de parler ici de mon cas personnel.

Pour obtenir ce soutien, je devais être au chômage (ce qui était mon cas) et présenter les grandes lignes de mon projet d’activité indépendante. Celui-ci a été accepté mais je pense que le fait d’avoir déjà quelques mandats de mise en valeur du patrimoine d’acquis m’a véritablement permis « de vendre » mon vaste projet professionnel englobant le jeu de rôle.

Depuis le 19 août, j’ai commencé ma phase d’élaboration de mon activité indépendante. Cela me donne droit à mes indemnités journalières de chômage sans être astreint à la recherche de travail. Cela signifie concrètement que je peux me consacrer totalement à mes projets. J’ai profité de ces premières semaines pour avancer dans certains projets comme La Chaux-de-Fonds 1904 qui nécessite un certain nombre de démarches, commencer une prospection pour des projets futurs et commencer à mettre en place les prémices de ma structure (dont ce nouveau blog fait partie). Pour l’instant, je navigue un peu à vue et je n’ai pas encore de business plan.

C’est là que nous arrivons à la deuxième mesure du SAI, celle que je trouve la plus précieuse. A partir de demain, je commence un cours de trois semaines à plein temps : « Devenir indépendant ». Lors de celui-ci, je continue à recevoir des indemnités journalières et je ne paye aucun écolage. Durant ces trois semaines, je vais être coaché pour mettre en place une structure sur mesure pour mes activités et je vais réaliser un véritable business plan. Ces trois semaines chambouleront sans doute certaines de mes idées et je m’apprête à avoir certaines désillusions mais également à avoir des moments d’enthousiasme. Un soutien se poursuivra également après le cours pour m’aider dans mon activité indépendante.

Suite à ce cours, je serai enfin armé pour me lancer comme indépendant. J’aurai alors encore sans doute un certain nombre de jours de soutiens du SAI pour finaliser ma structure (aux mêmes conditions que ces dernières semaines). Ce deuxième semestre 2013 est donc une période importante pour l’indépendant que je souhaite être et je vous ferai part des difficultés et des facilités que je rencontrerai. J’aimerais vous détailler régulièrement mon état d’avancement pour que mes articles puissent servir à d’autres, une possibilité de connaitre l’envers du décor.

En attendant, je crois que le SAI est une aide nécessaire pour moi, le soutien indispensable pour me lancer. Je me réjouis de commencer ces cours et de vous présenter de manière plus détaillée ma futur structure professionnelle et mon business plan.

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Le label Nonène prod

Suite au changement de statut de Swiss Made JdR qui est devenu une association, j’ai décidé de différencier clairement mes activités personnelles de celles de mon ancienne revue (qui a été reprise par l’association).

Je lance donc mon nouveau site qui servira de support à mon activité indépendante dans le jeu de rôle. Je l’ai nommée « Nonène prod » et c’est sous ce titre que je labelliserai mes futures productions.

Sur ce blog, je poursuivrai la publication d’article détaillant mes projets et les stratégies qui les sous-tendent. Ce sera également pour moi l’occasion de partager mes réflexions concernant le jeu de rôle de manière générale et de parler des jeux et auteurs que j’aime.

La période de transition avec Swiss Made JdR se termine et je vais à nouveau publier mes articles dès que possible.

Sinon, quelques news :

– La Chaux-de-Fonds 1904 avance bien. Je vous en reparlerai beaucoup.

– J’ai officiellement démarré mon activité d’indépendant, il y a deux semaines. J’ai intégré un programme d’aide à l’indépendance proposé par le chômage. Tout ceci est très excitant.

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Le public de mes jeux de rôle


Suite à l’excellent podcast de la Cellule, Le Jeu De Rôle pour tous ?, je ne peux m’empêcher de réagir et d’exposer mes propres reflexions. Les intervenants ont cité en exemple plusieurs de mes projets, La Chaux-de-Fonds 1904 et Romance Érotique. Il y a un concept évoqué dans l’émission qui me tient particulièrement à cœur : le public.

La recherche d’un public est centrale pour mon projet de création. Il représente la source de reconnaissance et de revenu, tous deux valorisent à leur manière le travail de l’auteur. Pour donner un sens à son travail, il faut trouver et atteindre son public. Alors quel est le public que je recherche ?

Un projet, un public ; Ma création, mon public

Pour l’instant, et c’est volontaire de ma part, chacun de mes projets cible un public différent. Il n’y a aucun rapport entre Romance érotique, La Chaux-de-Fonds 1904 ou L’Ingénieux Duc Ludomire de Beaubousson de la Pahalie (un projet dont je vous parlerai bientôt). Il est important à chaque fois de toucher un public différent et plus large que les rôlistes habituels, c’est ma manière de sortir des sentiers battus.
Mais même si chacune de ces créations vise son propre public, c’est ma démarche créative et mon style qui donne une cohérence à ma création dans son sens large. Ma démarche est parfaitement cohérente si l’on s’intéresse à sa logique et, contrairement à ce que l’on peut croire, je ne me disperse pas. J’espère donc à terme trouver mon propre public qui se reconnaitra dans ma démarche mais je ne le cible pas spécifiquement.
Donc la plupart des « clients » de mes projets ne s’intéressera qu’à une seule de mes créations car c’est le jeu qui les intéressera. Pour ma part, je comprends tout à fait que Romance érotique n’intéresse pas les fans de Crimes.

Le public rôliste

Lorsqu’on crée un jeu de rôle ou une réalisation en lien, les premiers intéressés sont les rôlistes, évidemment. Ce public n’est pas à négliger pour plusieurs raisons mais celles qui sont importantes à mes yeux sont la légitimité et un socle de vente. Si l’on cherche à toucher d’autres publics, cela comporte un certain risque financier : des tirages plus importants et du travail supplémentaire. Dans une telle configuration, le public-socle de rôlistes sert de tremplin pour envisager de toucher d’autres personnes.
La légitimité est un concept un peu plus flou mais permet de crédibiliser son projet auprès d’acteurs extérieurs au JdR (distributeurs, librairies, institutions publiques, etc.). En réalité, cela permet de mettre une étiquette à ce que l’on fait et la reconnaissance, même limitée à une petite communauté, rassure les néophytes.
C’est pour cette raison que je prends bien soin de ne pas casser tous les codes et tous les repères du JdR. Je n’hésite pas à me montrer innovant mais il est contreproductif de le faire à outrance. Si j’y arrive, j’espère casser un à un les codes et les tabous du JdR qui me semblent inutiles mais je le ferai un à un, chaque projet apportant sa propre contribution à mon projet créatif. Lorsque Gary Gigax et David Arneson ont présenté Dungeons & Dragons pour la première fois, ils l’ont présenté comme un wargame d’un genre nouveau. Le jeu était révolutionnaire et rendait possible le rôleplay, tout en conservant une grande partie des codes du wargame. C’est ainsi que D&D est parvenu à trouver son public. Du moins, c’est ainsi que je me le représente.
Pour La Chaux-de-Fonds 1904, les rôlistes ciblés sont les fans de Crimes et d’autres jeux historiques. Pour Romance érotique, il s’agit des rôlistes qui aiment les jeux innovants.

Le public non-rôliste

Lorsque l’on sort des sentiers battus, il est possible de toucher des non-rôlistes. Alors que les réseaux de distribution (distributeurs, magasins de jeu, vente en ligne, etc.) et d’information (mags, forums, conventions, etc.) pour toucher les rôlistes sont bien connus, toucher un public extérieur est plus délicat. Romance érotique n’a pas encore touché son public extérieur malgré son potentiel certain. Le jeu est inconnu du grand public et est difficilement accessible. J’espère y remédier bientôt.  Je retiens la leçon pour La Chaux-de-Fonds 1904qui connaitra une distribution dans les librairies de Suisse et qui bénéficiera d’une large communication dans les médias régionaux.
Le potentiel d’un public extérieur est évidemment grand, mais il demande un effort supplémentaire. De plus, il ne faut sans doute pas se faire d’illusion : un JdR ne peut s’adresser à tous. Aucun film ne le peut non plus. Je crois qu’il faut cibler son public pour trois raisons : le projet gagne en cohérence, les efforts sont plus concentrés pour plus d’efficacité et toucher un public particulier crée une nouvelle légitimité (en complément de celle des rôlistes).
Les lecteurs et joueurs ciblés pour La Chaux-de-Fonds 1904 sont les amateurs d’histoire régionale et des amoureux de la cité horlogère. Romance érotique s’intéresse aux couples décomplexés, qui n’hésite pas à pimenter leur vie sexuelle, et sophistiqués, qui ne se contentent pas de simples dés érotiques.
Remarquez que même si je souhaite ouvrir le JdR à de nouveaux publics, je ne compte pas faire de JdR grand public. Cela ne m’intéresse pas. Je veux faire des créations exigeantes avec une identité forte. Il n’est pas question pour moi de simplifier juste pour toucher un plus grand public. A mes yeux, l’accessibilité doit être pédagogique et non simplificatrice.

Le public institutionnel

Il s’agit ici d’un public souvent oublié qui est finalement bien plus accessible que l’on ne peut penser. Les institutions dans son sens large peuvent apporter beaucoup à un projet : aides financières, communication, organisation d’événements, visibilité, légitimité (on y revient). Contrairement à ce que l’on pense, elles ne cherchent pas à influencer la création car leur rôle n’est pas de brider mais de favoriser. Je crois que chaque projet peut trouver de l’aide si l’on s’y prend correctement. Il y a pour cela deux choses à prendre en compte : choisir soigneusement les institutions qui peuvent être intéressées au projet et savoir formuler sa demande.
La première n’est pas bien compliquée, il suffit d’avoir un peu de bon sens, faire quelques recherches. De plus, les gens qui travaillent pour les institutions ne sont pas avares en bons conseils. Si vous avez frappé à la mauvaise porte, il y a de fortes chances qu’ils vous redirigent vers d’autres. Pour la seconde, c’est un savoir-faire qu’il faut acquérir par la pratique : préparer une lettre de demande, faire un budget, constituer un dossier complet, adapter son organisation, faire preuve de transparence financière. Je considère La Chaux-de-Fonds 1904 comme un apprentissage. Je compte bien mettre à profit mon expérience pour mes futurs projets et pour d’autres rôlistes.

Pour conclure

Il existe encore d’autres publics à cibler comme les sponsors privés (Manga BoyZ a une démarche intéressante en ce sens) mais je ne souhaite pas m’étendre dessus pour l’instant.
Je suis profondément convaincu qu’il est nécessaire que le JdR se renouvelle et cherche de nouveau publics. L’un peut favoriser l’autre, j’en suis convaincu. Ma démarche n’est pas nouvelle en soi, Würm a un partenariat avec un musée et de nombreux jeux lorgnent sur d’autres publics que les rôlistes. Le supplément La Chaux-de-Fonds1904 ne diffère pas beaucoup de Les mystères de Lyon
Ce que je crois originale dans ma démarche d’ouverture à d’autres publics, c’est qu’elle est revendiquée et que je vais au bout de l’idée. Il ne suffit pas de dire « Mon jeu s’adresse aussi à des non-rôlistes » pour que ce soit vrai. Mon travail ne consiste pas uniquement à écrire des jeux ou des suppléments mais il y a également un travail de cohérence à faire en termes de diffusion, d’édition, de communication, de collaboration et de démarches administratives.
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La Chx-de-Fds 1904 : de la spécificité à l’universalité, une ambition inversée


Suite au tout premier billet concernant La Chaux-de-Fonds 1904, j’ai eu toutes sortes de réactions et il y en a une qui revenait plusieurs fois : « J’avoue que j’ai du mal à voir la portée de ton projet. »
Effectivement le choix du jeu Crimes et d’une thématique régionale semble aller à l’encontre de ce que j’annonce : un projet ambitieux qui fait partie d’un modèle professionnel. Certains ont peut-être eu l’impression que je m’adressais à une micro-niche de la petite niche économique du jeu de rôle. Je crois que l’incompréhension provient de l’ambition complètement inversée de ce projet, ce qui est au final la véritable innovation du projet.
Déjà à la Belle Époque, ils avaient des projets locaux.
Traditionnellement, les projets de jeu de rôle s’adressent avant tout au public rôliste ou geek. Ils offrent un univers et des thématiques plutôt universelles, au sens géographique du terme, pour potentiellement intéresser les rôlistes du monde entier. Le modèle économique est ici basé sur les ventes de livre et d’aides de jeu ; celles-ci servant également d’indicateur de succès pour le projet.
La stratégie pour y parvenir est généralement de créer une clientèle nombreuse  et/ou convaincue. Cette base de fans issue des rangs des rôlistes servira alors de fondations pour la suite des activités : convertir des nouveaux joueurs, développer la gamme, envisager des projets cross-média, faire une traduction, etc. Il est important de noter que si certains de ces projets s’adressent également à d’autres publics que les joueurs de jeu de rôle, c’est souvent pour s’intéresser à d’autres sous-cultures geeks : manga, comics, SF, etc
Les Ombres d’Esterenest l’exemple le plus caractéristique que je connaisse. J’ai un profond respect pour le travail de Nelyhann et toute l’équipe qui sont également mes compagnons à ForgeSonges. Mais voilà, je ne peux pas prétendre à un tel succès qui n’est à la portée que du travail acharné de toute une équipe ou à des auteurs vraiment reconnus du milieu. Je ne suis pas Brand, Le Grümpf ou d’autres célébrités du JdR. La reconnaissance et les compétences s’acquièrent avec le temps bien entendu, mais moi je débute.
J’ai donc réfléchi à d’autres manières de voir les choses, à un modèle économique plus adapté à ma situation. Il me fallait un projet à mon échelle que mon expérience d’historien régional et mon réseau personnel pourraient renforcer. J’ai donc laissé de côté l’aspect universel pour me concentrer sur la proximité. Le public visé par le projet n’est pas spécifiquement les rôlistes. Évidemment les fans de Crimeset les quelques personnes s’intéressant à mes précédentes publications achèteront la publication. C’est aussi important et la publication leur est également destinée et je ne les oublie pas non plus.
Le principal public visé est un public régional qui n’a sans doute jamais raconté une histoire autour d’une table en lançant des dés. Il s’agit d’historiens amateurs et curieux, de lecteurs avertis qui aiment les créations locales. Il s’agit également des autorités publiques, des organismes culturels, les médias régionaux et nationaux. J’aimerais fédérer le plus loin possible les acteurs locaux autour d’un projet de JdR ; j’aimerais que le JdR soit pris au sérieux dans mon pays en réalisant un projet ambitieux et innovant. Je veux faire connaitre et crédibiliser le JdR dans mon environnement.
J’espère que ça aura des retombées directes sur tout le JdR en Suisse, je vais d’ailleurs essayer d’en faire profiter tous mes amis rôlistes. Le premier bénéficiaire d’un succès, ce sera moi évidemment et La Chaux-de-Fonds 1904 pourrait me permettre de mettre en place un réseau régional utile pour mes prochaines productions (distribution en librairie, communication), d’être reconnu localement pour mon travail dans le JdR et d’acquérir une riche expérience dans la gestion de projet. Tout ceci est envisageable parce que je travaille à petite échelle : je rencontre les partenaires près de chez moi, les médias régionaux peuvent s’intéresser à mon petit projet, les ventes d’ouvrage de JdR sont même très respectables selon les références locales (pour anecdote, j’ai vendu plus de Romance érotique que de ma publication d’histoire régionale qui a connu un relatif succès). 
En définitif, je construis du local vers le global. Je pars du principe que si mon entourage direct est dynamique et me soutient, c’est une base solide pour de nouveaux projets plus ambitieux, plus universels.
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« La Chaux-de-Fonds 1904 » : Mon 1er projet pro dans le JdR


Il y a quelques temps, j’ai annoncé mon intention de devenir professionnel dans le jeu de rôle. C’était bien évidemment qu’une déclaration d’intention mais elle recouvre une vision qui est bien concrète et qui se matérialisera par des projets. Le premier d’entre eux s’appelle « La Chaux-de-Fonds 1904 ».Je ne vais pas décrire sur ce blog tous les détails du projet, pour cela vous pouvez télécharger la plaquette de présentation qui décrit le projet dans tous ses détails, notamment ses aspects budgétaires. Je vais tout de même vous donner les grandes lignes du projet.
La Chaux-de-Fonds 1904est un projet global qui comprend :
  1. la création d’un supplément de contexte et un scénario pour le jeu de rôle Crimes (80 pages) ;
  2. la réalisation d’aides de jeu, notamment un plan interactif, et des décors ;
  3.  une tournée de parties, tout d’abord au niveau local, puis dans la francophonie.
Comme son nom l’indique, le scénario prend pour cadre une ville incontournable de Suisse à la Belle Époque. La Chaux-de-Fonds est une cité horlogère qui a connu un grand développement à cette période et qui a la particularité d’être perchée à plus de 1000 mètres d’altitude.
Je développerai et expliquerai plus tard chaque aspect du projet mais pour l’instant je vais exposer comment ce projet est une étape importante dans la professionnalisation de mon activité.
Un auteur pro ne peut pas être un vendeur de papier
Si je souhaite devenir auteur professionnel, il ne faut pas compter sur des droits d’auteur. De bonnes ventes de jeu de rôle tournent autour de 500-800 exemplaires vendus pour un livre de base. Les droits d’auteur s’élèvent rarement plus haut que 10% si l’on enlève les droits d’auteurs des illustrateurs et graphistes. Avec un jeu à 35 €, les droits d’auteur ne dépassent pas, même dans une situation idéale, 3000 €. Cela signifierait que je devrais sortir un jeu par mois pour survivre en Suisse. Un jeu ne s’écrit bien entendu pas en un mois.
Le revenu de la vente d’un jeu de rôle ou d’un supplément peut être un précieux complément dans mon activité mais il faut garder les pieds sur terre, il est impossible d’en vivre. J’ai donc réfléchi à un autre modèle qui pourrait au moins me laisser un espoir de survivre.
Un auteur peut s’autoéditer mais …
Comme je l’ai évoqué dans mon hommage à Silentdrift, j’accorde un grand intérêt à l’autoédition. C’est un modèle qui offre un meilleur revenu dans une niche économique comme le JdR car l’auteur cumule sa part d’auteur avec celle d’éditeur. Il n’est pas impossible de vivre de sa création comme créateur de JdR indépendant, certains, à l’instar de Romaric Briand, se sont lancés dans ce pari. Cette manière de procéder est très contraignante et ne peut être viable dans ma situation et mes contraintes économiques. Je vais malgré tout essayer de tendre peu à peu vers ce modèle qui, même s’il n’est pas suffisant pour me faire vivre, a le mérite d’être bien plus profitable que d’être simple auteur. Il s’agit donc pour moi d’adapter ce modèle pour le rendre viable.
Le modèle du JdR indépendant a à mes yeux trois gros défauts que je souhaite corriger :
  1. Il isole l’auteur qui veut garder un contrôle total sur sa création. De cette manière, il laisse peu de place à d’autres partenaires qui pourraient lui être bénéfique. Attention, je ne dis pas que les collaborations ne sont pas possibles, je pense juste que les contraintes idéologiques du modèle brident de manière très forte les possibilités.
  2. Il sous-estime le travail éditorial qui est nécessaire et qui met en valeur le travail de l’auteur. Attention, je ne dis pas que les créateurs de JdR indépendant négligent l’aspect éditorial, je dis juste qu’ils mettent souvent plus l’accent sur la création que sur l’édition. Ils défendent l’idée que n’importe qui peut s’éditer. Pour ma part, je pense que l’on ne se décrète pas éditeur, on le devient. L’édition est un savoir-faire tout comme la création et l’autoédition demande les compétences pour endosser les deux casquettes.
  3. Il sous-estime la légitimité qu’apporte un éditeur surtout lorsque l’on sort le cercle très fermé des afficionados du JdR. Tout le monde ne passe pas son temps à s’informer sur le JdR et, d’un point de vue extérieur ou dilettante, le JdR indépendant n’est que quelques farfelus qui se sont autoproclamé auteur de JdR. Attention, je ne dis pas que les JdR indépendants ne peuvent pas acquérir une légitimité à terme mais cela prend du temps et beaucoup d’énergie, bien plus qu’avec un éditeur.
La Chaux-de-Fonds 1904 sera édité par les Ecuries d’Augias pour ces trois raisons. Le projet se veut ambitieux et j’ai besoin de l’aide d’un éditeur compétent et reconnu. Il me semble essentiel de fédérer autour du projet et, pour cela, je veux laisser un espace à tous les partenaires qui souhaitent participer. Je partage volontiers mon bébé. A ce titre, je lance un appel à tous ceux qui souhaitent participer au projet, tous les partenariats sont possibles, il y a de la place pour tout le monde et chacun aura sa part des retombées. Contactez-moi.
A ce titre, il serait bête de ma part de gâcher le projet en me proclamant éditeur. J’espère apprendre ce métier mais je n’ai pas envie de faire mes premières armes sur un projet aussi ambitieux. La Chaux-de-Fonds 1904 nécessite également une légitimité pour m’adresser aux institutions publiques. Un contrat d’édition est une condition sine qua non dans de nombreux cas pour adresser une demande de subventions.
Autoédition ou projets d’envergure ?
Après ces premiers paragraphes, on peut légitimement se dire que je manque de cohérence. D’un côté, je dis que je souhaite tendre vers l’autoédition et que je considère que c’est la méthode qui a le plus de chance de me faire vivre un jour, d’un autre, je présente mon premier projet d’envergure qui n’est pas adapté à ce modèle.
Je vais vous répondre que Rome ne s’est pas faite en un jour. Mon activité sera faite de gros projets tel que La Chaux-de-Fonds 1904 et de plus petits projets que j’autoéditerai. Les premiers serviront à me faire connaitre du grand public, ils forgeront petit à petit ma propre légitimité auprès du public dans son sens très large. Les seconds me permettront d’apprendre le métier d’éditeur. Petit à petit, je me montrerai plus ambitieux dans mes projets autoédités, mais je ne veux pas griller les étapes. Mon modèle économique se veut évolutif, il ne suivra pas une idéologie mais se construira petit à petit au gré des projets, succès ou échecs.
Je n’ai de loin pas fait le tour du sujet. Je continuerai à expliquer mon modèle économique dans de prochains billets donc n’hésitez pas à me poser vos questions.
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Silentdrift : ma part d’héritage


Ça a été annoncé officiellement : Silentdrift, le forum desjeux de rôle indépendants, fermera cet été. Pour certains, dont je fais partie, c’est une page du jeu de rôle qui se tourne. Cette plateforme de discussion et de travail n’est de loin pas anecdotique même si son public a toujours été restreint. Je ne vais pas m’atteler à parler de tout ce qu’a pu apporter Silentdrift au le JdR francophone, mais plus humblement je me contenterai de faire mon bilan personnel et de ce que le forum m’a apporté.
Pour ma part, Silentdrift c’est une personne, son modérateur Christoph. Il n’est pas n’importe qui à mes yeux. Il est un ami de jeunesse, un ancien voisin, le MJ qui m’a fait découvrir le JdR. Cette passion commune nous a beaucoup rapprochés. Il m’a fait découvrir les JdR indies américains avant même qu’on en parle en Francophonie et c’est le premier qui m’a fait réfléchir sur le fonctionnement du JdR. Ça a été pour moi une révolution.
J’ai suivi Silentdrift depuis ses tout débuts. A l’origine, le forum possédait une section privée pour notre groupe d’ami. On y planifiait nos fêtes pour répondre à des questions aussi essentielles comme « Qui se charge de l’alcool ». J’ai donc longtemps suivi la partie JdR du forum d’un œil. Je suivais les discussions et quand je pensais avoir quelque chose d’intelligent à dire, je répondais.
A présent, notre forum privé existe à une autre adresse et le fonctionnement du forum de JdR s’est peu à peu affirmé. Avec beaucoup de travail et de réflexion, Christoph a mis en place l’étiquette et l’esprit général qui fera réellement tout le sel et la différence de Silentdrift. Loin de poser problème, les règles ont mis un cadre pour discuter et de travailler et ma participation s’est intensifiée. J’ai commencé à commenter les rapports de partie et à développer mon propre jeu : Romance érotique. C’est une période dont je garde d’excellents souvenirs et c’est aussi à ce moment que j’ai tissé des liens avec d’autres auteurs : Romaric et Frédéric, puis Fabien un peu plus tard. D’autres ont suivi depuis.
Ensuite, j’ai travaillé sur des projets extérieurs, j’ai également publié Romance érotique chez un éditeur. Je me suis éloigné de Silentdrift un peu malgré moi. Il n’empêche que je vais chaque jour contrôler les nouveaux messages du forum. Je les lis, je ne réponds que lorsque je pense avoir quelque chose à apporter. Je participe particulièrement à la rubrique publication où j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Il me faut également faire part de mon expérience sur la publication de Romance érotique, ça me semble naturel. Je prépare d’ailleurs un rapport de publication conséquent pour la fin juin. Ce sera mon dernier fil sur le forum. C’est amusant car j’ai l’impression que la fermeture du forum correspond exactement au début du nouveau chapitre que je débute dans ma création.
Silentdrift m’a beaucoup apporté et, en premier lieu, il ne s’agit pas du forum à proprement parler. Il s’agit de Christoph qui m’a ouvert les yeux et qui m’a fait découvrir toute la diversité de ce que peut être le JdR. Nos discussions sans fin devant chez mes parents ou sur skype… Ma vision créative en est changée à jamais. Merci amigo.
J’y ai également trouvé des alter egos qui m’ont permis d’approfondir ma soif de théorie : Fred… Des podcasteurs qui habitent une baro en Bretagne qui sont pleins de bons conseils avec qui je peux parler de ma vision créative sans préjugé (quitte à se faire traiter de fou border line) : Rom et Flavie… Des compagnons avec qui l’on peut débattre et aller au fond des choses, ils m’ont élargi mon horizon de créateur : Fabien… Des guides attentionnés qui m’ont fait découvrir de bien charmants bouchons lyonnais : Adrien et Natacha…
La méthode de travail initiée par le forum est celle vers laquelle j’essaye de tendre au maximum. Elle se nourrit d’échanges et de jeu. C’est le forum où véritablement la partie de JdR est vraiment mise à l’honneur. Ça pousse à jouer et à découvrir. Quel bonheur de travailler en jouant et en échangeant.
Mais que dire de ces JdR indépendants si caractéristiques du forum ? Je n’ai publié aucun jeu indépendant, il paraitrait que je fasse parfois mon Calimero à ce propos. Alors aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai beaucoup retenu de l’édition indépendante. La première chose est qu’elle est bien plus rentable pour l’auteur tout en étant très accessible. Je considère d’ailleurs que l’autoédition est l’unique moyen pour un auteur de véritablement vivre de sa création. Ce constat, je le dois à Silentdrift avant tout même si d’autres discussions et événements m’ont confortés dans cette idée. 
A présent que je souhaite me professionnaliser, l’autoédition sera l’option prioritaire et il faudra des raisons véritablement béton pour lâcher mes droits. Évidemment, je parle d’autoédition plutôt que d’indépendance car ma vision est différente du forum et il est important de distinguer les choses. J’envisage par exemple des coéditions ou toute autre forme de collaboration mais le cœur du concept (du moins à mon avis) reste : l’auteur doit participer au risque éditorial et à ses retombées financières et il doit garder un contrôle sur l’avenir de sa création. C’est également le meilleur moyen d’organiser sa création dans une perspective globale cohérente avec une démarche créative d’auteur.
Je garde tout cet héritage précieusement. Je vais à présent tracer ma propre voie à côté, mais jamais très loin, de ceux qui poursuivront dans les traces du « JdR indépendant ». Silentdrift m’a servi de modèle, non pas pour le copier à l’identique, mais pour m’en inspirer et me l’approprier. C’est ce que j’ai réalisé et c’est un trésor. Sans Silentdrift, je n’aurais sans doute jamais envisagé de me professionnaliser.
Merci Christoph pour tout ce que tu as fait pour moi et pour plein d’autres. Ton engagement a changé des vies.